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Group on Steps CoP India 2020

Réunion Régionale pour l’Asie d’Artisans de Paix

Jeudi, 16. juillet 2020

 

Barbara Lawler, au nom de notre équipe organisatrice composée de Meena Sharma, Serena Rix Tripathee et Vinitika Lal, raconte par écrit la réunion régionale d’Artisans de Paix à Panchgani, en Inde, en février 2020.

Plus de 20 femmes Artisanes de Paix se sont rassemblées à Asia Plateau, à Panchgani, en Inde pour une réunion régionale, la toute première dans cette partie du monde. Parmi les participantes, il y avait des groupes venant d’Inde (Delhi, Bombay, Ladakh et Nagaland), un de Malaisie, une réfugiée tibétaine d’Inde et du Sri Lanka. Un groupe de femmes formidables, courageuses et bienveillantes, compétentes en matière d’animation ont fait de ce rassemblement un événement remarquable et un peu différent de ce qui était attendu (en raison de contraintes budgétaires, l’événement était de moindre ampleur que prévu). Lorsque nous nous rassemblons et que nous partageons des expériences, nous sommes, d’une certaine façon, bien plus productives que lorsque nous travaillons simplement en ligne. Ça a quelque chose de magique de réaliser qu’un malais qui parle tamil peut aider à l’animation de programmes au Sri Lanka. Des synergies ont semblé s’établir rapidement.

Dans son introduction, Amina Dikedi-Ajakaiye (Nigéria/Royaume-Uni), la présidente d’Artisans de Paix, a mentionné les personnes qui nous ont manqué, telles que Kate Monkhouse, la Directrice Exécutive ; Jean Brown, la fondatrice des cercles d’Artisans de Paix ; Vijayalakshmi Subramanian, Artisane de Paix Sénior ; Elizabeth Laskar, Soutien aux Evénements, et d’autres encore, afin de souligner leur précieuse contribution. Amina a également présenté un projet d’Artisans de Paix en Asie : s’il se réalisait, son impact serait énorme. Et cela signifierait que chacun devrait s’impliquer pour qu’il fonctionne.

World Circle CoP India 2020

Les présentations de l’équipe organisatrice comprenaient Meena Sharma (Népal), coordinatrice régionale d’Artisans de Paix en Asie, Vinitika Lal (Inde), coordinatrice nationale / membre du comité international d’Artisans de Paix, Serena Rix Tripathee (Népal/Australie), membre du comité international d’Artisans de Paix. Parmi les participantes, il y avait des groupes venant d’Inde (Delhi, Bombay et Ladak) et du Népal (où 44 cercles d’Artisans de Paix ont été organisés), trois du Sri Lanka, un de Malaisie, un du Tibet, un du Nagaland, un d’Australie…

Meena a dit que nous étions toutes réunies car nous avions choisis d’être des artisans de la paix, et elle a réitéré la signification de ce terme. Serena a souligné la puissance du rassemblement car œuvrer comme acteurs du changement peut être une activité solitaire : « Nous ne sommes peut-être pas des décideurs, mais nous avons décidé de faire la différence. » Elle a donné un exemple du pouvoir des femmes dans une communauté sud-américaine où la tradition culturelle voulait que lorsque les hommes partaient à la guerre, les femmes décidaient quand ils devaient revenir – c’est là le pouvoir que nous devons revendiquer.

Wimarshana Ranasinghe (Sri Lanka) nous a fait parvenir les encouragements du Conseil International dont elle est membre. Elle nous a raconté comment Artisans de Paix lui a donné la foi, du courage et de l’espoir car c’est un programme très concret. Initiatives et Changement avec ses trois idées directrices - le leadership éthique, la création de la confiance et la durabilité - inclut Artisan de Paix en tant que programme. Elle était d’avis que construire la communauté régionale d’Artisans de Paix améliorerait le travail au Sri Lanka. Elle a déclaré : « Le courage et l’amitié m’aident à ne pas abandonner face à tous les défis du Sri Lanka ».

Leena Khatri (Inde), a souhaité la bienvenue aux déléguées d’Artisans de Paix à Asia Plateau et a exprimé son plus profond respect pour celles qui ont le projet de faire avancer Artisans de Paix, en mettant en place de solides travaux d’équipes avec la confiance et la paix qui font tant défaut partout dans le monde. Leena a prédit que la conférence serait très fructueuse, et que cela ne reposait pas sur des chiffres.

Daphrose Ntaratze Barampama, Ambassadrice d’Artisans de Paix et présidente sortante d’Artisans de Paix, était invitée à intervenir et elle a partagé ses aventures avec Artisans de Paix dans son pays, le Burundi, qui a, à ce jour, subi 60 années de guerre. Elle a dit qu’il s’agissait d’un pays blessé avec un peuple blessé et des souvenirs douloureux. Bien que les défis soient grands, il y a eu de nombreuses avancées en matière de guérison dans les vies des participantes, et de financement et soutien pour Artisans de Paix, ainsi que de nombreux enseignements tirés.

Les journées du Rassemblement Régional en Inde étaient structurées autour de trois groupes : un pour ceux qui participaient à un Cercle de Paix pour la première fois, un second groupe pour former de nouveaux animateurs et un troisième groupe où des animateurs expérimentés pouvaient discuter et avancer concernant des défis plus grands tels que les moyens d’apporter la guérison et de générer des soutiens financiers.

Le premier jour a commencé par des réflexions dans la salle Mami. D’autres réflexions avaient lieu dans les beaux jardins du centre d’Asia Plateau. L’une de mes lectures à ce moment-là disait : « La compassion se trouve au carrefour de mon cœur et de la douleur du monde, elle me transporte au-delà des problèmes à solutionner, au sein du royaume de l’harmonie. Alors que je me concentre sur le simple fait d’être, je deviens une force guérisseuse pour de bon. J’entreprends tout acte nécessaire qui émane naturellement de mon calme intérieur et de ma paix intérieure. »

La première plénière était animée par Vinitika sur les Droits des Femmes et l’Égalité des Sexes. Elle a souligné qu’il n’y avait pas eu assez d’actions pour l’égalité des sexes dans la région de l’Asie Pacifique. Vinitika elle-même a animé un Cercle des Artisans de Paix dans une prison pour femmes près de Delhi – un travail inspirant qui a permis de profondes transformations chez ces femmes. Au cours de cette session, nous avons parcouru un grand nombre de sujets, y compris le besoin de développement émotionnel sain pour les hommes comme pour les femmes. C’est-à-dire, des hommes prêts à pleurer quand ils sont bouleversés ; des hommes prêts à être des figures nourricières, à être des hommes au foyer si les circonstances du couple l’exigent. Ne plus se sentir menacé par le désir d’égalité des femmes permet aux hommes d’apprécier les dons des femmes et d’avoir une véritable vision pour elles. Les femmes doivent apprendre à être stratégiques. On a raconté l’histoire d’une mère africaine ayant beaucoup d’enfants - des filles et le benjamin, un garçon - qui a appris à son fils à être indépendant (à cuisiner, à nettoyer etc.) sans histoires ni discours, lui disant qu’il devait être aussi autonome que ses sœurs.

Quiet Time CoP India 2020

Certains points importants étaient les suivants : Artisans de Paix, ce n’est pas un travail mais une vocation ; la force d’Artisans de Paix réside dans le courage nécessaire de partager son histoire, et ça peut être ce qui nous lance sur le chemin de la guérison ; la possibilité que le pardon vienne à faire partie d’une transaction, et le besoin d’aller au-delà de la douleur personnelle où le pardon individuel peut se mouvoir au sein des communautés ; la valeur des animateurs qui apprennent à partager leur propre expérience ; reconnaître la valeur de chaque pays permet de bâtir des ponts pour se retrouver malgré des restrictions de visa ; la collaboration entre les équipes nationales a aussi été mentionnée.

La session « retours » avec les nouveaux animateurs était très bien faite et était l’occasion d’apprendre grâce à ceux qui donnaient des retours sur les questions telles que « Que feriez-vous différemment ? », « Quelle est votre limite d’apprentissage ? », « Où se situe votre plus grand potentiel de développement ? », « Quelle compétence voulait-vous vraiment développer ? ». L’accent des retours a été mis sur l’« être », pas seulement sur le « faire ».

 

Les commentaires des participants incluaient :

« Je voulais faire des rencontres et écouter les expériences d’autres pays. C’était un espace pour partager et écouter. »

« J’ai aimé célébrer les femmes en tant qu’actrices de la paix. »

« L’esprit positif des participantes, l’esprit victorieux et déterminé, généré par des circonstances très difficiles. »

« J’attendais de cette rencontre qu’elle me permette d’y voir plus clair et cela a été le cas. »

« Le pouvoir du silence et de la réflexion personnelle. »

« L’idée d’effort collectif pour faire face à des problèmes sensibles, une plateforme pour échanger des histoires et traiter nos problèmes. »

« J’ai appris que chacun peut être un artisan de la paix et que c’est un outil essentiel pour créer des communautés et instaurer la confiance. »

« J’ai appris qu’Artisans de Paix est un voyage, j’ai appris comment aider à faire la différence dans la vie d’un individu, comment écouter et guérir la souffrance cachée. »

« J’ai obtenu des idées et des outils, et je me suis fait des amis de différents coins du monde. »

« L’inclusivité, l’honnêteté et l’attentivité des organisateurs. »

« Merci pour l’écosystème à Panchgani. L’expérience m’a fait me sentir chez moi. Un endroit sûr pour le corps, l’esprit et l’âme. »

« Artisans de Paix est un réseau grandissant de femmes actrices du changement qui l’appliquent d’abord sur elles-mêmes. »

« Un mouvement de femmes international qui se rassemblent pour explorer leurs rôles dans la société, leurs maisons et leurs vies, un espace pour écouter, guérir et accompagner. »

À la suite de cet événement, Artisans de Paix va lancer un nouveau programme régional de développement des compétences pour renforcer notre portée, nos matériaux de formation et nos ressources d’évaluation. En regardant de l’avant, Meena souligne la grande nécessité de ce travail :

« Personnellement, organiser un Cercle de Paix avec des femmes de différents horizons me permet de voir qu’il s’agit d’un chemin menant vers la guérison pour nous toutes. Après notre guerre civile, la compensation financière du gouvernement garantit certains de nos besoins fondamentaux mais faire partie du Cercle de Paix nourrit le cœur et l’âme. Organiser des Cercles de Paix signifie créer un espace neutre pour que les femmes et les jeunes puissent partager les points de transition de leurs vies, puis les encourager grâce à des discours créatifs à prendre la tête du processus de création de la paix au sein de la communauté. »