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*Illustration by Manon Michelle Monhemius

Comment se portent les équipes de création de la confiance ?

Jeudi, 15. octobre 2020

 

Nous arrivons à la fin du premier cycle de projet du Programme pour la Création de la Confiance, les deux derniers mois et demi de cette année étant consacrés à la poursuite de leur travail de création de la confiance. La COVID-19 obligeant les équipes à s'adapter à des circonstances imprévues, comment ces derniers mois ont-ils modifié leurs projets respectifs et que pouvons-nous attendre de l'avenir ?

Kenya

« Au début, on a l'impression d'infiltrer une communauté, mais avec le temps, ils m'ont donné leur confiance. Je suis chrétien, mais j'ai également une expérience et une connaissance de la foi islamique. Cela vient du fait que j’ai grandi à Mombasa où il y a une importante communauté musulmane, ce qui m'a permis à comprendre et à respecter la foi islamique. Cela crée un climat de confiance avec les communautés et m'aide à établir des relations. »

Dan Mugera, responsable de projet, équipe Création de la Confiance, Kenya

 

L'équipe kenyane a organisé différents événements virtuels : une session de partage d'histoires et un dialogue interconfessionnel entre 16 jeunes du Forum de la jeunesse d'Afrique de l'Est, IofC Kenya, et des habitants de Garissa et Mombasa. Les dialogues interconfessionnels sont axés sur l'amélioration de la compréhension mutuelle entre musulmans et chrétiens. Les femmes et les hommes qui s'efforcent d'instaurer la confiance entre les deux communautés religieuses sont confrontés à divers défis. Le 25 juillet, deux dialogues interconfessionnels ont été organisés en parallèle : un dialogue pour les hommes et un dialogue pour les femmes.

Le travail de l'équipe de création de la confiance a eu un impact sur le terrain grâce à ces dialogues : certains participants, inspirés, ont lancé leurs propres initiatives. Par exemple, un groupe de la cohorte de la création de la confiance a mis sur pied une campagne de sensibilisation sur l'augmentation spectaculaire de grossesses chez les adolescentes à Mombasa. C'est un exemple de l'impact indirect que le projet de création de la confiance a sur les communautés. Les participants de Mombasa ont également demandé à l'équipe de prolonger le projet de création de la confiance par des sessions "sous les arbres", afin que les villageois puissent également contribuer à trouver des solutions à la perte de la confiance dans leurs communautés.

En outre, le mois dernier, des membres de l'équipe se sont rendus à Garissa et à Mombasa afin de procéder à des contrôles de santé et de sécurité, pour évaluer si les activités en présentiel pouvaient se poursuivre. L'équipe a vérifié la conformité des lieux en matière de protection contre la COVID-19 et a rencontré des membres de la communauté et des chefs religieux. Les activités en présentiel devraient reprendre à la fin du mois d'octobre, avec dans un premier temps la deuxième série d'ateliers de création de la confiance.

« Les individus de différentes confessions vivent ensemble dans la paix, mais pas dans la confiance. » - L’équipe de Création de la Confiance du Kenya

Canada

« J'ai étudié la philosophie. Ce que j'ai remarqué pendant mes études, c'est le manque de dialogue, de compréhension, de connaissance et d'écoute dans nos relations avec les autres. Surtout envers les personnes qui subissent des injustices. Le projet au Canada vise à renforcer l'empathie, la compassion et l'écoute nécessaires pour que nous puissions guérir et aller vers de profondes transformations, permettant ainsi à tous les peuples de s'épanouir. L'objectif d'I&C et du Programme pour la Création de la Confiance est de fournir l'expertise et les outils qui permettront d'atteindre cet objectif. »

Geneviève Dick, responsable de projet, équipe Création de la Confiance, Canada

 

Au cours des derniers mois, trois réunions de partage et deux ateliers du groupe de création de la confiance ont été organisés en ligne avec l'Agence UENA, une agence d'impact social et notre nouveau partenaire. À l'origine, l'équipe de Création de la Confiance prévoyait d'organiser à nouveau des réunions en présentiel en organisant la deuxième session de la formation sur la création de la confiance pour les membres du groupe 2020 sous forme de réunion en personne en respectant la distanciation sociale, mais avec l'augmentation du nombre de cas positifs dans le cadre de COVID-19 au Canada, la réunion a été organisée en ligne.

Les ateliers sont créés en collaboration avec Brigitte Gagnon Ph.D. , consultante, formatrice et spécialiste des méthodologies d'écoute bienveillantes, et associée de Dr Patrice Brodeur. Le Dr Brodeur est professeur associé à l'Institut d'études religieuses de l'Université de Montréal (Canada), spécialiste de renommée internationale du dialogue interreligieux/interconfessionnel et collaborateur de longue date de I&C Canada. Malheureusement, en raison de COVID-19, toutes les activités restantes de cette année seront organisées en ligne car le Canada est actuellement confronté à une seconde de COVDI-19

L'équipe de création de la confiance travaille également sur un autre projet passionnant, avec un partenaire, qui explore la possibilité de traduire et d'adapter les livres "White Ally Toolkit" du Dr David Campt. Cette initiative a pour but de combler le manque de ressources disponibles pour lutter contre le racisme au Québec. Ce toolkit aide les personnes blanches les plus conscientes du problème du racisme à engager un dialogue plus productif avec d'autres personnes blanches faisant preuve de moins de compréhension.

« La COVID-19 a rendu les clivages et les inégalités plus visibles, et le racisme systémique plus tangible. Elle a mis en lumière une grande partie de ce sur quoi nous avions commencé à travailler depuis le début du projet, rendant notre travail encore plus pertinent. » - L’équipe de Création de la Confiance du Canada

France

« J'ai vu un changement dans ma classe, maintenant les élèves s'écoutent les uns les autres, il y a plus de cohésion, ils apprennent à débattre et à se connaître. »

Mme Bertrand, enseignante

 

Au cours des derniers mois, Frédéric Chavanne, formateur international du Programme pour la Création de la Confiance, a dirigé une session de deux jours sur le renforcement des capacités et la réflexion pour l'équipe française de Création de la Confiance. L'objectif était de présenter le contenu du manuel de création de la confiance, d'aider I&C à mieux comprendre les nouveaux membres de l'équipe et de discuter de la manière de développer le Oui Act pour qu'il bénéficie aux mieux aux jeunes. L'un des résultats de cette session est que l'accent sera mis cette année sur la création d'un nouveau catalogue des cycles Oui Act, afin de pouvoir mieux s'adapter aux besoins des structures. Par exemple, il y aura des options de cycles plus courts pour les écoles qui n'ont pas assez de temps libre dans leur programme.

L'équipe s'efforce également d'accroître la diversité des animateurs, de manière à ce qu'ils soient issus du même milieu culturel que les jeunes, comme l'Algérie et le Maroc. Il existe également un "Club Oui Act" créé pour les jeunes actifs qui souhaitent mener des initiatives dans leurs communautés, et le livre d'animation Oui Act a été traduit en anglais, avec la perspective de partager le projet avec d'autres équipes I&C intéressées.

Depuis la rentrée scolaire, l'équipe reprend ses activités en présentiel. Les partenariats avec deux écoles sont prolongés : le Lycée technique ENNA à Saint-Denis et le collège Jean-Baptiste Clément à Colombes. C'est la quatrième année consécutive que le Oui Act se rendra au lycée ENNA, et il impliquera environ 90 élèves. Le Oui Act reviendra également vers les associations Ma Vie et Les Mamans du Cœur pour reprendre là où elles se sont arrêtées en mars. Une nouvelle collaboration a également été créée, avec des jeunes et leurs parents, habitants du quartier Jean Macé à Trappes, afin de créer des projets communautaires. Trappes est une banlieue connue pour la violence des gangs et pour sa pauvreté, avec une importante population musulmane et un nombre élevé de personnes soupçonnées d'avoir quitté la France pour se battre pour l'État islamique.

« Grâce au Oui Act, notre classe est devenue plus unie qu'auparavant. »  - Élève de cinquième

La GAIN (Initiative mondiale des anciens participants)

« Le pouvoir des anciens participants réside dans le fait qu'ils ont appris ensemble, se sont soutenus mutuellement et, à partir de là, ont acquis la force de faire preuve de solidarité envers nos communautés : ils pensent à l’échelle du monde, ils agissent à l’échelle locale. »

Rassemblement régional GAIN-CSP en l'Asie du Sud

 

La première formation en ligne, un séminaire sur la justice réparatrice, a eu lieu du 29 juin au 16 juillet avec 26 anciens participants de 19 pays. Le séminaire, animé par le Dr Carl Stauffer et proposé en coordination avec le Caux Scholars Program (CSP), a permis de discuter des approches pratiques des principes de justice réparatrice dans la transformation des conflits locaux.

Le 21 août, la GAIN a organisé le premier rassemblement régional d'Asie du Sud GAIN-CSP. La session était un espace de discussion sur les impacts de la COVID-19 dans la région et sur la manière dont les anciens participants peuvent soutenir d'autres personnes dans leurs communautés. Le groupe de 19 anciens participants a partagé des idées créatives sur ce que nous pouvons faire pour nous soutenir mutuellement en ces temps difficiles.

Au mois de septembre, la GAIN a célébré la journée internationale de la paix et a organisé des « plateformes pour la justice et pour la paix » en ligne pour les anciens participants, sur le thème « Façonner la paix ensemble ». Les célébrations ont débuté par le lancement d'une vidéo où des membres discutaient de comment « Façonner la paix ensemble ». La plateforme en ligne a accueilli des dialogues sur la reconstruction de Beyrouth ; l’étude des actes de violence raciale, de caste et ethnique en Inde et au Népal ; comment l’art peut aider à guérir les traumatismes générationnels et à repartir à zéro ; ainsi qu'une conversation sur la guérison des traumatismes et la consolidation de la paix en pratique, avec le Dr Samuel Gbaydee Doe. La série de webinaires de la GAIN-CSP sur le développement de carrière à l'intention des anciens participants a débuté en septembre et porte sur l'avenir du travail de consolidation de la paix, l'esprit d'entreprise, le réseautage et la création de communautés. Il s'agit d'une série de sept webinaires, en collaboration avec le Réseau de développement collaboratif et de la paix.

« La justice réparatrice est une approche de la justice centrée sur les personnes, qui permet de mieux comprendre une situation conflictuelle ou préjudiciable en recentrant la responsabilité et la sécurité, sans avoir recours à des sanctions, ni à l'aliénation. En outre, lorsqu'un système judiciaire prend en considération le contexte et les circonstances de l'auteur du délit, il donne à la société davantage de possibilités de prévenir de nouveaux dommages. » - Carl Stauffer, Directeur académique, Programme des boursiers de Caux (Suisse)

*Illustration par Manon Michelle Monhemius

 

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Le Programme pour la Création de la Confiance a pour but d’adresser les questions controversées aux niveaux international et national, sur la prémisse que seulement ceux qui ont subi un processus interne pour devenir fiables eux-mêmes peuvent commencer à refermer les clivages du monde. Le Programme été lancé par Initiatives et Changement international en 2019, avec des projets au Kenya, au Canada et en France.