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Peace Circle in Oxford
Après ma participation à un Cercle de Femmes Artisans de Paix, je suis convaincue !
Jeudi, décembre 3, 2015

Je suis maintenant convaincue !

Peace Circle in Oxford

Sceptique quant à son réel impact, Ashley Muller nous raconte sa première participation à un Cercle de Femmes Artisans de Paix. Étant passée du jugement à la défense des cercles, elle raconte ce changement en faveur des Cercles de paix, assumant son identité de femme désireuse de créer la paix et acceptant la responsabilité de créer la paix en partenariat avec un grand nombre d’autres femmes dans le monde entier.

Tous ces discours sur les Cercles de paix m’ennuyaient. De mon point de vue extérieur et égoïste, ces cercles me paraissaient être un moyen d’échapper à la réalité des inégalités et des injustices auxquelles nous faisons face. Ces cercles me paraissaient un moyen démodé de se plaindre des conflits et de parler des problèmes de la vie pour obtenir une satisfaction personnelle en s’impliquant dans les affaires du monde, pour ensuite reprendre sa vie sans solution durable ou d’idées pour aller de l’avant. Mais je me trompais complètement. 

En dépit de mon travail avec Initiatives et Changement (I&C), et de mon implication dans des projets au nom d’I&C depuis un an et demi, je n’avais pas encore fait l’expérience d’un Cercle de paix, un outil essentiel utilisé par Femmes Artisans de Paix, un programme d’I&C, pour le maintien de la paix, la construction de la confiance et la réconciliation. Après m’être installée en septembre à Oxford, en Grande-Bretagne, pour travailler à plein temps avec Initiatives et Changement, j’ai eu l’opportunité d’assister à un Cercle de paix. Notre groupe de 10 femmes s’est réuni sur trois week-ends en octobre et en novembre, composés de deux journées complètes et d’une demi-journée de formation. Pour être franche, j’étais très hésitante.

Lorsque je suis rentrée dans la pièce où le Cercle de paix allait avoir lieu, je me suis tout d’abord sentie intimidée par la diversité des femmes présentes. J’ai tout de suite perdu confiance en moi, en me rendant compte de la transparence nécessaire que l’on attendrait de moi, ainsi que du sentiment de vulnérabilité qui me saisissait, quelque chose que, dans ma génération, nous avons du mal à montrer. Mon insécurité a augmenté durant la première heure, lorsque toutes les participantes du Cercle de paix se sont présentées, dévoilant en partie qui elles étaient. Des femmes originaires de Somalie, d’Afrique du Sud, du Royaume-Uni, de la Russie et de la Barbade étaient présentes, mettant en valeur ce mélange total de cultures. Au fur et à mesure que ces femmes se présentaient et partageaient leurs histoires, et alors que les murs que j’avais dressés autour de moi commençaient à fléchir, je commençais à réaliser que les femmes qui se trouvaient dans cette pièce avaient plus de pouvoir pour combattre l’injustice et pour prêter leur voix à ceux qui n’en ont pas que je n’aurais pu l’imaginer. J’ai eu l’opportunité d’apprendre des autres femmes comment créer un impact sur les besoins de leurs propres communautés, en introduisant d’authentiques modes de vie durables, et en recherchant la paix d’une façon nouvelle et créative.

Nous avons parlé de divers sujets, y compris : Qu’est-ce que la paix ? Quel est votre lieu de paix ? Quelles sont les qualités d’un bâtisseur de paix ? Identifier les pacificateurs dans votre famille ; l’importance du développement de l’esprit d’équipe ; pardonner les criminels et surmonter le statut de victime ; embrasser les valeurs et les principes essentiels d’I&C : l’honnêteté, la pureté d’intention, l’amour et la générosité ; et identifier nos jugements personnels envers nous-mêmes et nous réconcilier avec nous-mêmes.

Voici une brève réflexion sur mes pensées lors d’un temps de silence que nous avons eu pour assimiler ce dont nous avions parlé dans le Cercle de paix :

Se réconcilier avec le jugement personnel et le manque de confiance en soi

Le jugement naît d’un manque de confiance en soi créé par une expérience personnelle qui a façonné une personne, à la fois de manière consciente et inconsciente. On juge par orgueil, par égoïsme, par envie et par jalousie. Ce sont des manifestations d’un « besoin de satisfaction » et une façon de chercher à être rassurés par les autres. Nous ne pouvons pas compter exclusivement sur les autres pour cela. Sinon, nous ne serons jamais en paix. Nous devons explorer notre intérieur, assumer avec honnêteté notre véritable identité en tant qu’individu, montrer de la compassion envers nous-mêmes, écouter la petite voix à l’intérieur de nous-mêmes qui nous encourage à laisser de côté l’orgueil, le manque de confiance en soi et le jugement, et à vivre intensément dans la paix, la joie, l’amour et la réconciliation.

Apprendre à sortir de ma zone de confort, non seulement grâce aux interactions sociales mais également en dépassant intellectuellement les obstacles dans ma tête, m’a permis de remettre en question les filtres et perceptions personnels établis par la culture, la religion et les médias. Le Cercle de paix est un lieu qui vous permet de vous retrouver en harmonie avec vos convictions personnelles, mais vous ne vous retrouvez pas sans rien après avoir exprimé vos plaintes. Le Cercle vous donne le pouvoir de rejoindre d’autres femmes désireuses de jouer un rôle dans la société pour lutter contre l’injustice et aborder la question des inégalités, trouvant l’inspiration pour la gestion et la résolution de conflit, la construction de la confiance, le maintien de la paix et la réconciliation. Le Cercle donne également aux femmes l’opportunité de réfléchir à leurs propres vies et sphères d’influence, utilisant leurs propres capacités, convictions et passions pour créer un changement dans leurs communautés à chaque niveau de la société.

Traduction par Marie-Louise Bautista